La joie, élément vital par excellence ! - Maryline Médioni

La joie, d'apres Baruch de Spinoza, (1632- 1677) est le passage de l'homme d'une moindre a une plus grande perfection >. L'éthique, telle qu'il la développe, n'est pas uniquement de faire le bien, mais et surtout, de < se sentir bien >.


Il s'agit de passer d'un état d'anxiété a un état de béatitude dont la racine latine < beatitudo > a le sens de : bonheur parfait. Il est intéressant de souligner que la béatification chrétienne est l'élévation d'un défunt au rang de < bienheureux > juste avant sa canonisation. La joie pure au sens chrétien ne peut donc s'éprouver, se vivre, que mort ; un < bien heureux > ne peut l'etre que dans la mort. Une condition sine qua non pour devenir un saint chrétien est d'etre dans cet état de joie permanente, de béatitude, fixée dans la mort.


Toute la philosophie de Spinoza affirme que < D-ieu et Nature > sont deux dénominations d'une seule et meme chose. Il rompt ainsi avec la conception chrétienne de la séparation de D-ieu et du Monde. La réflexion révolutionnaire de Spinoza est que, l'Humain vivant peut atteindre cette béatitude permanente
< grâce > a ses actions.


Sa conception de la joie, du bonheur, de D-ieu (meme gematria que Nature en hébreu) nous révele que tres certainement Spinoza s'est penché sur les écrits du judaisme. Il pense qu'il faut transformer sa maniere d'etre et d'agir pour influencer le Monde. La morale consiste a faire le bien pour le bien, sans aucune sorte d'attente de récompense. L'homme de bien, ne doit pas agir pour la satisfaction d'avoir effectuer une bonne action mais pour la satisfaction de la bonne action en elle meme. Et, la < béatitude > c'est-a-dire cet état de joie perpétuel, est du a la réussite de ces actes de bien. Dépasser l'état du service obligatoire ou ressenti comme tel, par un service en toute liberté, juste par amour du juste, du bien, conduirait donc a cet état supreme, celle de la joie ressentie, de la satisfaction permanente. Chaque acte humain, fait pour le bien, doit procurer la joie. Nous recherchons sans arret la présence de ce qui nous procure de la joie.


Baruch de Spinoza, précurseur de la Hassidout ? Le Baal Shem Tov ( 1698-1760) presque cinquante ans apres, crée un nouveau courant du judaisme < la hassidout > fortement décrié et rejeté par les Juifs de l'époque qui craignent que cette nouvelle approche du judaisme soit un relent des pensées du faux prophete Sabatai Tsvi (1926-1676). La Hassidout se bat en autre, pour un enseignement de la Thora pour tous. Effectivement, la culture juive, les lois du judaisme sont réservés aux seuls éleves des yeshivot et a un milieu tres privilégié. Comme Spinoza, le Baal Shem Tov affirme que D-ieu est tout et tout est D-ieu. Comme Spinoza, il affirme que seule la joie est le seul état d'âme possible pour servir D-ieu dans tous les commandements. Que seule l'application de ces commandements pour le commandement apporte la liberté et la joie absolue, et déclare meme : < N'oubliez jamais ceci : la joie n'est pas purement et simplement fortuite au cours de la quete spirituelle : elle est vitale ! >


Le Baal Shem Tov, précurseur de nouvelles méthodes thérapeutiques du vingtieme siecle ? Les années 2000 - De nombreux scientifiques révelent suite a leurs travaux sur le rire, la bonne humeur et la joie que la majorité des gens qui ne sont jamais malades rit en moyenne 3 a 7 fois par jour. Des clowns sont invités dans les services des hôpitaux pour enfants malades pour les réjouir, les faire rire. Pour celui qui rit, le cerveau relâcherait des drogues destinées a contrer les effets du stress. Contrairement a une idée reçue, le rire n'exprime pas la joie, mais le rire rend joyeux. D'ou l'importance du rire ! Plus vous riez, plus vous devenez joyeux. Aucune crainte, on ne meurt pas de rire contrairement a son expression, bien au contraire, en riant, on rallonge nos années de vie ! Suite a la visite de ces clowns, on note une amélioration de la réaction a l'intégration des traitements de chimiothérapie ou des traitements médicamenteux tres lourds, notamment chez les enfants.

 

La joie reçoit le premier prix de la santé pour tous, spirituelle, mentale et physique, le médicament le moins cher sur tous les marches mondiaux mais apparemment, le plus difficile a trouver par ces temps difficiles ou tout semble morose. On comprend mieux ainsi Voltaire qui disait : > Une journée ou l'on n'a pas ri est une journée perdue >. Vision d'Israël vous propose ce mois ci sa vision de la joie.