Au nom de tous les miens- Maryline Médioni

Depuis le début de sa création, notre état suscite les plus vives passions ; la planete toute entiere via satellite a les yeux fixés sur nous. Le nombre de journalistes étrangers envoyés en Israël est disproportionnel par rapport au nombre de ceux qui couvrent les autres événements ailleurs dans le monde. 60
ans de guerre, un pays non reconnu par la plupart des états, notre capitale éternelle ; Jérusalem, qu'aucun état ne nous légitimisme. Le monde arabe nous conteste notre existence sur cette terre et souhaite encore nous jeter a la mer ! La paix semble loin.


Apres une défaite militaire lors de la deuxieme guerre au Liban, des tirs incessants en provenance de Gaza sur Sderot, nuit et jour, des attentats meurtriers sur nos enfants, la population israélienne est épuisée, beaucoup d'énergie déployée, gâchée pour survivre alors qu'il serait si bon de l'employer pour construire, pour vivre, tout simplement. Apres une attente < galoutique > de pres de 5000 ans, c'est dans cette atmosphere ou la moitié, si ce n'est le tiers, des israéliens, est endeuillée, que notre jeune état va feter ses soixante ans d'existence ou plutôt de survie.

 

De la joie de la reconstruction d'une nation jeune et laborieuse, du désert refleuri a la sueur des fronts de nos pionniers, de nos éclatantes et O combien miraculeuses victoires sur l'ennemi lors des premieres guerres, aujourd'hui le pays est confronté a une dure réalité. Les tensions sociales ou les clivages ; laiques et religieux, la gauche et la droite, les riches et les pauvres, Tel Aviv et Jérusalem.. Des familles qui vivent de plus en plus nombreuses sous le seuil de la pauvreté, un systeme éducatif placé au 50 me rang mondial apres des pays sous développés, des dirigeants corrompus, un post sionisme donc, des moins reluisant, un échec ? Ou, la réussite totale du voeu pieu de David Ben Gourion qui souhaitait que cet état soit un pays comme les autres ?


Le temps me semble t-il devrait etre plus aux bilans qu'a la fete ! Cependant, établir la liste de nos échecs post sionistes sans y remédier, sans penser a une construction positive de notre nation, sans apporter les solutions de la réparation, ne sert, hélas, a rien ! Le temps, me semble t-il, se preterait plus a une remise en question, a savoir ce que nous voulons faire de cet état, ce que nous voudrions qu'il soit, plutôt que de feter, 60 ans de survie !


Mais, Au nom de tous nos visionnaires qui ont revé cet état. Au nom de tous nos morts ; Les morts de la Shoa qui ne savaient ou se réfugier. Les morts de nos guerres, nos soldats, qui ont combattu pour la vie de cet état. Les morts des attentats disparus atrocement par le seul fait qu'ils étaient des Juifs israéliens. Au nom de nos aieux, ces générations de Juifs qui ont prié en se tournant vers Jérusalem et qui ont cru au projet Divin et a la résurrection de notre peuple sur cette terre. Au nom de Yeonathan Pollard, enfermé dans les geôles des prisons américaines depuis le 4 juin 1986.


Au nom de Ron Arad, enlevé par le hezbollah le 6 octobre 1986. Au nom de Gilat Shalit enlevé par le hamas le 25 juin 2006. Aux noms de Ehud Goldwasser et Elad Reguev enlevés par le hezbollah le 12 juillet 2006. Au nom de tous nos enfants pour qu'ils puissent enfin vivre dans un havre de paix sans peur des lendemains. Au nom de tous les miens, je souhaiterais cet anniversaire,
des larmes bleues et blanches dans les yeux, en écoutant notre hymne national, en pensant a tout cela ! Pour l'amour de Sion, je feterais dans la joie les 60 ans de mon état, parce que tel qu'il est, je l'aime, comme on aime une mere, comme mon enfant, avec ses défauts mais aussi, avec ses qualités. Pour l'amour de Sion, je continuerais le combat pour la vie de mon peuple et de mon état.


Au nom de tous les miens et pour l'amour de Sion, j'oeuvrerais corps et âme pour qu'Israël ne soit plus un état israélien mais qu'il redevienne un état juif, orgueilleux de ses valeurs morales, de son éthique thoranique, je ferais en sorte que son prochain anniversaire soit celui de la délivrance et non plus, celui de sa survie, mais, celui de sa vie !