Guerres et paix - Maryline Médioni

 

 

Lettre ouverte parue sur Vision d’Israël en août 2006- et suite aujourd’hui… You you you you you !!!!

 

Les youyous retentissent dans la synagogue. Les femmes de ma famille, langues s’agitant dans la bouche à la façon orientale, expriment leur joie sans retenue. Ma mère, telle une bonne fée, se penche sur le berceau de mon fils et me dit toute prophétesse qu’elle est dans ces moments d’exaltation extrême : « tu verras ma fille, ton fils, lui, n’ira pas à la guerre ! »

 

Février 1991. Minuit. L’alarme retentit, stridente. Je me précipite dans la pièce étanche préparée telle qu’on nous l’a expliquée maintes fois à la télé, mon fils dans les bras. Je l’emprisonne dans une espèce de bulle en plastique, paquet de bambas dans une main, nounours dans l’autre. Il me regarde, hagard, ses yeux pleins de sommeil, et se met à manger, sans saisir le pourquoi de ces courses nocturnes que je lui fais subir presque tous les soirs. Masque à gaz fixé sur mon visage, j’essaie de comprendre les directives données à la radio, je venais de faire ma alya et mon hébreu était des plus rudimentaires- Octobre 1993.

 

Accords d’Oslo. Les autobus explosent, des milliers de morts. Des bêtes sauvages se font éclater les tripes dans les restaurants, les discothèques. Leur but ; tuer le maximum de Juifs. On nous explique que ce sont des sacrifices pour la paix. On n’ose plus sortir ; la peur, la désolation, la tristesse envahissent Israël, mon amour. Juillet 2006. Des soldats kidnappés, nos enfants volés, des soldats tués, nos enfants assassinés. Les habitants de Sderot vivent depuis plus d’un an au rythme des alertes. Depuis trois semaines, les habitants du Nord sont eux aussi dans des abris, démunis de tout. Guerre !

 

Sur le front Nord, sur le front Sud. C’est la guerre du Liban. 26 juillet 2006. Un soldat raconte sur son lit d’hôpital qu’il n’attend qu’une chose, son prompt rétablissement pour rejoindre son unité, ses amis. Mon fils pleure d’émotion devant ce reportage. « Maman, moi aussi, je veux y aller » me dit –il. Je le regarde et découvre un jeune homme déterminé, le regard plein d’orgueil pour son armée, pour ces soldats pour ses frères, ces fils d’Israël, mes enfants, ma chair. Pleine d’une confiance absolue, je lui souris, sereine, et lui réponds sur un ton qui ne supporte pas le moindre doute : « l’année prochaine, mon fils, tu auras 18 ans et il n’y auras plus de guerre, celle-ci est la dernière, ta grand mère me l’a promis le jour de ta brith mila »

 

Deux ans et demi plus tard… Décembre-Janvier 2009- hanoukka-Les tirs de kassam ne cessent pas de pleuvoir sur le Sud d’Israël. Après Sderot laissé dans l’oubli depuis près de 8 ans, c’est au tour d’Ashkelon d’être visé. (Plus de 9400 missiles et roquettes ont été tirés à partir de la bande de Gaza sur Israël depuis 2003) Le gouvernement mu par une nouvelle conscience de responsabilité vis-à-vis de ces citoyens, ou par calcul politique en vue des élections prochaines décident enfin de riposter ; l’opération « plomb fondu » est lancé contre les terroristes de Gaza : le hamas. Le sud d’Israël est en guerre, touché, blessé. Après Sderot etAshkelon, les tirs atteignent aujourd’hui Ashdod, Beersheva et tous les villages du Sud d’Israël.. Les rues sont désertes, la plupart des magasins fermés. Notre existence est contestée, et pourtant, n’avons nous pas le droit de vivre sur cette terre d’Israël promise à notre peuple ? Qu’elles sont les origines du peuple d’Israël ?

 

Toutes nos mères ne sont pas encore devenues des prophétesses… Mon fils âgé de 19 ans se trouve à la frontière de Gaza. Il est parti à la guerre !